Aller au contenu
Organiser la cérémonie

Discours de remise de diplôme : exemples et conseils

Un discours de remise de diplôme change selon celui qui le prononce : le chef d’établissement accueille, l’enseignant raconte la classe, le parent parle à son enfant, et le major, souvent reconnaissable à son écharpe remise de diplôme, parle pour tous. Voici un modèle rédigé pour chacun, avec des crochets à remplir.

Chapeau de diplômé à pompon rouge et diplôme roulé noué d’un ruban, posés devant un rideau de scène

Qui parle, dans quel ordre, et pour dire quoi ?

Dans la plupart des cérémonies, la parole va du plus officiel au plus personnel. Le chef d’établissement ouvre, parce qu’il reçoit les familles chez lui. Un enseignant, ou le parrain ou la marraine de promo, prend la suite. Le major parle en dernier, juste avant l’appel des diplômés, et c’est la voix de la promotion qui lance la remise. Dans l’ordre type d’une cérémonie que nous conseillons aux établissements, tous les discours réunis tiennent en 20 à 30 minutes : chaque orateur dispose donc de quelques minutes, guère plus.

Pour que trois personnes ne racontent pas la même année, accordez-vous avant la cérémonie sur ce que chacun garde pour lui. Le tableau ci-dessous sert de point de départ.

OrateurIl parle au nom deIl s’adresse surtout àIl laisse aux autres
Chef d’établissementL’école, le lycée, l’universitéLes familles et la promotion entièreLes souvenirs de classe
Enseignant, parrain ou marraineL’équipe qui a fait coursLa classe qu’il a suivieLe bilan de l’établissement
Major de promotionSes camaradesLes diplômés, puis les professeurs et les famillesSon propre classement
ParentSa famille, parfois toutes les famillesSon enfantCe qui relève de l’école

La trame d’un discours qui tient

Quel que soit l’orateur, le texte se construit en quatre temps. On ouvre par un souvenir précis, que toute la salle peut revoir. On remercie ensuite par groupes, en une phrase chacun. Vient alors une seule idée, portée par une ou deux anecdotes vraies. La dernière phrase regarde vers la suite.

Schéma des quatre temps d’un discours de remise de diplôme, du souvenir d’ouverture au mot final
Illustration générée : la même trame sert au directeur, à l’enseignant, au major et au parent.

L’erreur la plus fréquente se trouve au deuxième temps : la liste de remerciements nominatifs. Au cinquième prénom, la salle décroche, et la personne oubliée s’en souviendra plus longtemps que du reste. Remerciez « l’équipe de la vie scolaire » ou « les professeurs de terminale », et gardez les noms pour un mot écrit ou pour le cocktail.

L’idée unique se trouve en relisant l’année : une classe qui s’est serrée les coudes après un examen blanc raté, un stage loin de chez soi, un projet rendu à minuit. Une seule idée par discours : ce qui ne rentre pas dans la vôtre ira dans celui d’un autre orateur.

Discours du chef d’établissement : le modèle

Proviseur, directeur d’école, président d’université, directrice d’institut : celui qui ouvre la cérémonie donne le ton. Il parle au nom de la maison, avec de la solennité mais sans raideur, et il évite le bilan chiffré de l’année, qui a sa place dans un rapport d’activité.

Le modèle à adapter

Mesdames et Messieurs, chers parents, chers collègues, et surtout, chers diplômés de la promotion [nom ou année],

Bienvenue à [nom de l’établissement]. Certains d’entre vous passent cette porte pour la première fois. D’autres l’ont passée chaque matin pendant [nombre] ans, parfois en courant. Ce soir, personne ne court : nous avons tout le temps de vous regarder.

Je me souviens de votre rentrée. [Un fait réel : la salle trop petite, l’exercice d’évacuation sous la pluie, le projet qui a marqué l’année.] Ce jour-là, nous ne savions pas ce que cette promotion deviendrait. Aujourd’hui, nous le savons : [ce que l’établissement retient d’elle, en une phrase].

Ce diplôme, vous l’avez obtenu par votre travail. Il y a eu [les stages, les partiels, les épreuves] et les soirs où vous auriez préféré faire autre chose. Personne ne l’a passé à votre place.

Vous n’étiez pas seuls pour autant. Je remercie les enseignants et toute l’équipe de [l’établissement], qui ont répondu à des questions posées la veille de l’examen. Je remercie les familles, qui ont relu des dossiers sans toujours en comprendre le titre.

Vous partez maintenant [vers un premier poste, une autre école, une autre ville]. Gardez de cette maison ce qui vous a servi, laissez le reste. Et revenez nous voir : les promotions suivantes ont besoin de croiser leurs anciens. Félicitations à chacune et à chacun d’entre vous.

Schéma du discours de remise de diplôme du chef d’établissement : accueil, bilan, effort, envoi final
Illustration générée reprenant les étapes du modèle de discours du chef d’établissement.

Remplacez chaque crochet, sans exception. Un discours de directeur qui pourrait être lu dans n’importe quelle école sonne creux dès la deuxième phrase, et un seul fait vrai sur cette promotion pèse plus que trois compliments. Si c’est vous qui remettez ensuite les diplômes, faites préparer les porte-diplômes dans l’ordre d’appel, sur une table près du pupitre : vous passerez du discours à la remise sans chercher.

Discours d’un enseignant ou d’un professeur principal

L’enseignant a un avantage sur tous les autres orateurs : il a vu la classe travailler. Son discours tient à une scène de cours que les élèves reconnaîtront dès la première phrase. Sa difficulté est de ne pas citer toujours les mêmes élèves. Parlez de situations plutôt que de personnes, et n’employez un prénom que si toute la classe connaît l’histoire.

Le modèle à adapter

Chers anciens élèves, puisque c’est ce que vous êtes depuis [ce matin, la proclamation des résultats],

Je vous ai rencontrés en [mois], salle [numéro]. [Une scène vraie : le premier devoir rendu, l’ordinateur qui refusait de s’allumer le jour de l’oral, la sortie annulée.] Je me suis dit que l’année serait longue. Elle a été courte.

Je vous ai appris [la matière]. Vous avez appris autre chose, que je n’avais pas prévu dans ma progression : vous expliquer les exercices entre vous, rendre un travail imparfait plutôt que rien, demander de l’aide avant la veille de l’épreuve. Cela ne figure pas sur votre diplôme, et c’est pourtant ce qui vous servira le plus tôt.

Je vous l’ai assez peu dit pendant l’année, alors je le dis ce soir : je suis content d’avoir été votre professeur.

Bonne route. Et si un jour vous retrouvez [la matière] dans votre métier, pensez à moi, sans rancune.

Gardez le ton qui était le vôtre en classe. Un professeur réputé pince-sans-rire qui se met soudain au lyrisme surprend la salle plus qu’il ne la touche.

Discours du major de promotion, au nom de tous

Le major est choisi pour ses résultats, mais il parle pour ceux qui ne sont pas en tête de liste. Sa règle tient en un pronom : « nous ». Il laisse de côté ses propres notes, les comptes à régler avec un enseignant, les surnoms et les blagues que seule la promotion comprend. Dans la salle, il y a des grands-parents qui n’ont jamais mis les pieds dans l’établissement.

Le modèle à adapter

[Madame la directrice, Monsieur le directeur], mesdames et messieurs les professeurs, chères familles, et vous, mes camarades,

On m’a demandé de parler au nom de la promotion. C’est un honneur un peu étrange : je n’ai pas été plus présent que vous aux cours du matin, et je n’ai pas mieux dormi la veille des examens.

Souvenez-vous de [un moment partagé : la première semaine, le partiel d’hiver, le voyage, les journées entières à la bibliothèque avant l’oral]. Ce jour-là, [ce qui s’est passé]. Je crois que c’est là que nous sommes devenus une promotion, et plus seulement une liste de noms.

Nous n’avons pas tous eu la même année. Certains ont travaillé à côté de leurs études, d’autres ont douté jusqu’au dernier moment, d’autres ont repassé une épreuve avant d’être ici ce soir. Ce diplôme a le même poids pour chacun de nous, et ceux qui ont eu le plus de mal ont sans doute plus de raisons que moi d’en être fiers.

Merci à nos professeurs, qui ont corrigé nos copies tard et répondu à nos messages plus tard encore. Merci à nos familles, qui ont supporté nos humeurs de période d’examens. Ce diplôme porte notre nom, il vous doit beaucoup.

Demain, nous partirons dans des directions différentes. [Une image de la promotion : le groupe de messagerie qui va se taire, la table du fond de la cafétéria que d’autres occuperont.] Promettons-nous seulement de nous donner des nouvelles. Félicitations à nous tous.

Beaucoup d’écoles distinguent le major par une écharpe imprimée à son titre, portée sur la toge. Relisez le texte lettre par lettre avant l’impression : parmi les corrections que nous recevons sur les textes à imprimer, il y a déjà eu un « e » oublié à « major », et mieux vaut le repérer avant qu’après. Pour d’autres formules, voyez nos idées de textes d’écharpe par promotion.

Le discours d’un parent à son enfant diplômé

Un parent prend rarement la parole pendant la cérémonie officielle. Cela arrive quand une école ou un lycée invite l’association de parents, ou quand un parent parle au nom des familles. Le plus souvent, ce discours se fait après, au repas ou à la fête de famille. Dans les deux cas, vous parlez à votre enfant, même si d’autres écoutent : aucun souvenir qui le mettrait mal à l’aise, aucun bulletin de primaire lu à voix haute.

Le modèle à adapter

[Prénom], je vais faire court, tu me l’as demandé.

Je me souviens de [une scène d’enfance qui annonce ce diplôme : le grille-pain démonté pour voir comment il marchait, les dessins d’animaux sur tous les cahiers, la classe faite aux peluches]. Ce soir, tu es [infirmière, ingénieur, bachelier, titulaire de ton CAP]. Nous aurions dû nous en douter.

Nous avons vu les soirs de révision, les doutes, les messages tard dans la nuit pour dire que tout allait mal, puis ceux du lendemain pour dire que finalement ça allait. Nous n’avons pas toujours su t’aider sur le fond. Nous avons fait ce que nous savions faire : les repas, les trajets jusqu’à la gare, les encouragements.

Ce diplôme est le tien. Personne ne te l’a donné.

Merci à [les professeurs, les amis présents, le parrain, la marraine] d’avoir été là quand nous ne pouvions pas l’être.

Pour la suite, nous n’avons qu’un vœu : que tu continues à [la qualité que montrait l’anecdote : comprendre comment marchent les choses, prendre soin des autres]. Nous serons là. Félicitations.

À la tribune, devant d’autres familles, ajoutez une phrase pour elles, qui ont vécu la même attente : « Nous sommes nombreux ce soir à avoir guetté des résultats en pleine nuit. »

Humour, émotion, citations : ce qui passe et ce qui tombe à plat

Un trait d’humour réussi fait rire la grand-mère du dernier rang autant que la promotion. Il porte sur une situation que chacun peut imaginer : la photocopieuse en panne la veille du rendu, le réveil qui n’a pas sonné un jour d’examen. Placez-le tôt, juste après l’accueil, parce qu’il détend l’orateur autant que la salle. Une plaisanterie qui vise un élève ou un enseignant, même gentiment, gêne tous ceux qui ne le connaissent pas.

Si la voix se brise, arrêtez-vous. Buvez une gorgée d’eau, regardez votre feuille et reprenez à la phrase suivante. Ce silence vous paraîtra long, la salle le trouvera normal, et elle est de votre côté. Gardez un verre d’eau sur le pupitre et placez le passage le plus émouvant vers la fin, quand la voix est installée.

Les citations célèbres posent deux problèmes. Beaucoup circulent sous le nom d’un auteur qui ne les a jamais écrites, et quelqu’un dans la salle le saura. Elles disent aussi la même chose dans toutes les cérémonies. Une phrase prononcée par un professeur pendant l’année, ou le mot que la promotion se répétait avant les épreuves, touchera davantage que n’importe quel grand nom.

Le jour même : bien dire son texte

Imprimez le texte en gros caractères, avec de larges interlignes, ou recopiez-le sur des fiches numérotées. Lire sur un téléphone fait baisser la tête, et l’écran se met en veille au mauvais moment.

Répétez à voix haute, debout, au moins une fois devant quelqu’un. Chronométrez-vous : on lit plus lentement à voix haute que dans sa tête, et l’émotion ralentit encore. Une phrase qui vous essouffle est trop longue, coupez-la en deux.

Avant la cérémonie, voyez la personne qui anime. Demandez-lui à quel moment vous êtes appelé, qui vous présente, par où vous montez et si le micro est sur pied ou à la main. Pendant le discours, parlez plus lentement que d’habitude et regardez les diplômés plutôt que le fond de la salle.

Lire son texte n’a rien de honteux. La salle attend de la sincérité, et un orateur qui respecte le temps des autres.

Questions fréquentes

Comment commencer un discours de remise de diplôme ?

Par une salutation courte, puis un souvenir précis que toute la salle peut revoir : la rentrée, une épreuve, un projet commun. Le souvenir donne le ton du discours dès la première minute.

Que dire dans un discours de major de promotion ?

Le major parle au nom de toute la promotion : un souvenir partagé, un mot pour ceux qui ont eu plus de mal, des remerciements groupés aux enseignants et aux familles, puis un envoi vers la suite. Il évite de parler de son classement.

Peut-on mettre de l’humour dans un discours de remise de diplôme ?

Oui, s’il fait rire toute la salle, familles comprises. Choisissez une situation que chacun peut imaginer et placez-la tôt. Laissez de côté les blagues internes et celles qui visent une personne.

Que dire à son enfant le jour de sa remise de diplôme ?

Un souvenir d’enfance qui annonce ce diplôme, ce que vous avez vu de ses efforts, et une phrase qui lui dit que ce diplôme est le sien. Restez bref, et gardez les anecdotes gênantes pour vous.

Faut-il lire son discours ou le dire de mémoire ?

Lisez-le, sur une feuille en gros caractères ou des fiches numérotées, en levant les yeux à chaque fin de phrase. Apprendre par cœur expose au trou de mémoire, et personne ne reproche à un orateur de garder ses notes.

À lire ensuite

Les plus commandés

Nos meilleures ventes